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Marketing de la Peur et Savoir Manger
Par Xavier Terlet Président XTC world innovation
En matière de santé et alimentation, le paradoxe de la décennie qui vient de s’écouler est saisissant : multiplication des promesses santé par l’industrie agroalimentaire d’un côté, accroissement de la prévalence de l’obésité, des maladies cardiovasculaires ou de certains cancers de l’autre. Plus encore, le marketing de la peur continue d’abreuver le consommateur d’informations anxiogènes. Le problème vient du fait qu’il y a autant de solutions proposées qu’il y a d’industriels, de médecins, de journaux et que la multiplication et la complexité des solutions proposées ne font qu’augmenter cette peur.
Les industriels d’abord qui voient là un intérêt économique en apportant une réponse toujours plus inflationniste, pour rentabiliser une recherche toujours plus coûteuse.
Les professionnels de la santé ensuite. Non pas les médecins qui soignent leurs patients mais ces spécialistes qui émargent auprès des industriels en leur vendant leurs conseils et leur nom. Ils contribuent à médicaliser à outrance une offre alimentaire qui n’en demandait pas tant et surtout à perturber un consommateur qui en arrive à confondre médicament et aliment.
Les média enfin, relais principal des services de communication des industriels. Ils apportent un écho phénoménal à ces peurs irraisonnées. Ils le font d’autant plus facilement qu’ils s’assurent ainsi de bonnes ventes auprès de consommateurs inquiets voire effrayés par leurs couvertures angoissantes.
Il est grandement temps que cette spirale infernale s’inverse. Que la cacophonie nutritionnelle ambiante laisse la place à une information plus raisonnable et plus raisonnée.
En Europe, certains verront dans les efforts réglementaires actuels une volonté d’y voir plus clair. Mais attention, le remède peut être bien plus nocif que le mal. En exigeant un discours de preuve des allégations, on favorise la contribution nécessaire du pouvoir médical et la complexité de son discours.
Pourtant, on commence aujourd’hui à voir chez notre consommateur, des revendications vers plus de simplicité, plus de naturalité pour plus de plaisir et un rejet des produits suspects de trop de complexité.
La solution pour les industriels passe nécessairement par l’acceptation du fait que notre consommateur est un ê |